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Le langage des fleurs

Brise légère et parfumée, vent de liberté, lumineuse ébriété, feuilles qui volètent comme autant de souvenirs épars, mémoire dispersée, regard...hagard. Que reste t il de nos amours nous sinon des souvenirs de nous? Et que reste t il quand il n’y a plus personne pour se souvenir d’un nous?

 

L’autre a dit: le tombeau des morts, c’est le coeur des vivants. A contrario, certains font de leur corps et de l’esprit, un mausolée édifié a la mémoire de l’absent qui c’est bien connu a toujours tort…Mais encore? 

Iris (A memoir of Iris Murdoch) raconte l’atomisation d’une étoile de la littérature britannique, Iris Murdoch au crépuscule de sa vie, semant insoucieusement parcelle après parcelle les filaments neuronaux de son brillant cerveau, ruine par la tempête Alzheimer. Les flash-back sont incessants. Ils renvoient à la jeunesse d’un esprit insolent, d’une personnalité solaire, éprise de liberté interprétée par Kate Winslet dans ses jeunes années contrastant avec Iris, dévastée mais aussi a la danse macabre de la maladie. La bête ronge et balaye tout trace d’histoire sur son passage. Judi Dench (majestueuse) interprète, l’auteure dévorée de l’intérieur, qui fait disparaître son passé de son esprit et par la même tout ce qui la rattache a autrui. Iris n’est alors plus que l’ombre grise de la libertine talentueuse qu’elle fut dans ses jeunes années. 

Car la maladie en a décide autrement tourments tout doit disparaître… et l’on suit doucement mais sûrement sa déchéance intellectuelle et affective, disséquée avec une précision réfrigérante. La femme de lettres devient figure de papier mâchée, absente a elle même et a son mari, ravage par la tristesse. John Bayley aime encore cette femme, sa femme ce qui l'en reste, ou peut être juste simplement le souvenir de ce qu’elle fut.

 

 

 

 Qu’est ce qui nous lie et nous rattache a l’autre quand les souvenirs qui nous unifiaient se délitent? Est-ce honnête de rester fidèle a une image fixée dams le temps, une figure cristallisee, un souvenir déforme de ce qui a été? C’était mieux avant? Et maintenant?

 

Il y a de l’amertume dans ce film, un goût de sel mais aussi cet impression pas si dérangeante au fond de cycle de la vie. Iris sénile, c’est un petit enfant apeure et fragile comme un nouveau ne qui me ramène la fin de 2001, l’odyssée de l’espace, et son cycle mortel acéré /accélère. Ce cote SO B IT... L’esprit était flamboyant mais le souffle l’emporte et l’éteint.

 

N'y a t il point de la vanité a discourir sans discontinuer et croire que c’est assez. Nos belles paroles et nos jeux d’esprit, nos courses au gain ou a d'autres illusions se révèlent bien impuissants et vains car vanité, tout n’est que vanité. Tout doit disparaître.

 

Le message d’Iris n’est pas alarmiste ou misérabiliste. Il y a de la tendresse et de la douceur dans le regard porte sur nous autres pauvres et fragiles créatures. Il ne s’agit pas d’un biotip a mon sens fidèle a l’esprit des après midi télévises M6. Plus que sur la maladie, il interroge sur le lien entre individus, ce qui fait et défait nos relations, ce qu’on est prêt a oublier ou chasser de nos mémoires, ce qu’on construit et ce a quoi l’on s’agrippe surtout quand cela fuit. Est ce vanité de vouloir se rappeler, s’attacher a des souvenirs au risqué de perdre de vue le présent? De vouloir faire front en perdant de vue l'inéluctable sortie?

 
 
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CarrieB 22/05/2007 18:15

Justes interrogations, justes mystères qui nous totrurent tous à un moment donné ou tout au long de notre vie.
Vers quoi allons-nous? Sur quoi tiennent nos attachements, inévitablement voués à l'échec?
L'être humain a bien encore des choses à apprendre de lui-même...

la lunelo 23/05/2007 19:39

et pis comme je disais  chez Miou pour en paraphraser une: on ne nait pas homme on le devient... Il y deja tout un monde de promesses dans cette expression si commune que presque personne ne la releve " etre humain"...ohlala :)