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Pardonnez nous nos offenses,

Pardonnez moi, pardonnez nous nos défenses ou plutôt notre absence de défense comme nous pardonnons à ceux qui nous ont défoncé offensé .

Brutal est le jeu auquel nous convie Maïwenn, avec une délectation et une cruauté toute enfantine, celle du petit enfant blessé qui continue de la hanter. Mais pas seulement, évitement des plaies surexposées et du côté « moi, je » par une lucidité aigue. Ses peurs et ses doutes elle les divulgue sans fausse pudeur à sa psy, Marie-Sophie L.(extrait d’une distribution impressionnante). Elle nous les livre aussi par la bouche de son compagnon évoquant la possibilité d’une mythomanie légère. Ou comment mettre en abîme et désamorcer les critiques de "je".

Un spectacle (« le pois chiche ») qui n’a pas atteint peut être ? le degré de catharsis qu’elle attendait, un film qui pourrait étancher sa soif de reconnaissance d’elle – même, de la souffrance et du gouffre dans lequel elle a vécu vit.  Un spectacle à succès, un homme dans sa vie, un enfant qui paraît, une vie qui vient à qui Violette veut justement expliquer d’où elle vient. Réparation? Résilience? Rétaliation? C'est l'heure des comptes et l'addition risque d'être salée...

Mélange d’archives (interview d’elle préado) et de filmage sec en dv, Pardonnez moi se veut documentaire fictionnalisé ou fiction documentaire?(les acteurs ont eu peu d'élèments avant le tournage effectuant principalement un travail basé sur l'impro), celui où elle étale ce qu’elle aurait voulu avoir le courage de faire dans sa vie : balancer sa souffrance avec l'eau du bain à ses parents de façon à ce qu’ils ne puissent plus s’y soustraire, reconnaître sa béance actuelle, marquage cuisant qui ne veut pas s’apaiser, celui d’une enfance maltraitée.

Violette/Maïwenn jette un pavé dans la mare. Marre des non- dits, des fausses responsabilités endossées par de trop frêles épaules, par des enfants parentifiés. D’un père qui dit pardon mais ne regrette rien.

Pardonnez moi, oui, pardonnez moi d’exister envers et contre vous, mais tout contre car ses parents restent finalement dans son entourage, en forme de happy ending fantasmé. Le film est abrupte, frise le maladroit par endroits mais les cicatrices mal refermées purulentes de mauvaise foi familiale sonnent justes… et résonnent même après être sortie de la salle obscure du se-crée…

 

Pardonnez parle d’accouchement celui de l’enfant à naître mais aussi de naître à soi même.« Mais je n’ai pas fait ce film-là dans ce but d’en finir, pour moi je n’en finirai jamais. On apprend à vivre avec ses névroses, ses cicatrices, mais on ne les règle pas. (Dvdrama).

unechicfille 28/11/2006 22:45

J'ai envie de voir ce film, mais j'ai peur aussi. Peur de ce qu'il pourrait provoquer en moi...Mais je crois qu'il faut que je sois enfin grande et que j'y aille.

la lunelo 28/11/2006 23:25

je te comprends, j'ai hésité... moi ça m'a foutu une claque car il y a des choses très justes dans le choix  de situations, totalement absurdes avec renversement des rôles victime-bourreau, sarcasmes discrets qui font mouche, petites cruautés quotidiennes sensées être totalement banales, normales...
En plus il y a la gêne attisée par l'aspect voyeur: Kméra DV et une partie de son histoire dont elle se sert pour le film mais avec la sensation au bout que le film est juste, frise le miserabilisme, le nombrilisme mais sans jamais y sombrer car contrebalancé par son jeu d'enfant qui ne veut pas grandir. (la fin par contre est débile mais je pense que c'est pour rappeler le côte fictionnel)
ça m'a évoqué de loin family life de ken loach, où cette fille est rendu totalement et légalement cinoque grâce à ses parents! parfaite illustration de double bind,ce film m'avait glacé...
maîwenn apparemment a reçu beaucoup de témoignages de gens qui se retrouvaient dans ses images cathartiques.
moi je m'y retrouvée par certains aspects et je n'en suis pas sortie traumatisée, au contraire...
vas y et dis moi...;-)