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Prière d'excuser la gêne...

« Suite à un accident  grave de voyageur à val d'europe, le trafic est interrompu entre bussy st georges et val d'europe. Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée... »
 
Entendu le 13 septembre à Nation, euphémisme doublé d'une métaphore et d'une démonstration de la théorie du chaos. Sont forts quand même  à la ReTeuPeu!
 
Accident grave, « grave » en anglais c'est tombe d'ailleurs, non ? Et ben harper de dire « don't take that attitude to your grave ».
 
Trafic interrompu c'est même du genre définitif pour « l'accident grave himself ». La gêne occasionnée ? Moi je sais pas pour vous, mais moi je suis effectivement gênée chaque fois que j'entends parler de ces existences poussièrisées qui généralement se ratent quand elles n'agonisent pas à la vue de tous pendant d'interminables poignées de secondes.
 
1 par jour en île de France apparemment, d'après une nana de la SNCF un soir d'attente banlieusarde extendue par la grève ou par un "accident de voyageur" . 365 personnes par an décideraient de mettre fin au trafic légal de leurs organes. Une tentative de suicide par jour dont certaines aboutissent (61 en 2004) et pour info, en 2001, la France se classait au 3e rang de l'Europe des 15 en terme de taux de suicide standardisé (c'est pas de moi!) soit 16,1 décès par suicide pour 100 000 habitants contre 22 pour 100 000 pour la Finlande. Là je m'éloigne.
 
D'après blogencommun, près de 2 voyageurs par semaine se jetteraient sous les rails du métro.
 
 
 
« Premiers concernés, les voyageurs : lorsqu'il y a un blessé ou une personne coincée sous une rame, l'immobilisation dure en moyenne une heure et le détournement des voyageurs leur fait perdre environ 20 minutes ». C'est ce que je voulais dire en évoquant la théorie du chaos, perdre la vie dans le métro fait « perdre 20 minutes à un voyageur »? Un voyageur qui « fait perdre » un autre voyageur.
 
C'est quoi vingt minutes dans une vie ? Un rapport sexuel moyen ? 3 fois la scène de l'échange de regard Bacall/Bogart dans le port de l'angoisse ? Le temps de dégustation d'un « joyeux repas », le temps de faire le trajet intégral de la ligne 14, le temps de compter les nuages ? Le temps de traverser le PL depuis Gambetta, le temps d'arriver à son boulot (pause clope, café et salutations distinguées comprises ?), le temps de croiser un gosse beau dans un café, de se maudire de ne pas l'avoir abordé tant son regard vous a submergé. Le temps de rien, le temps de tout? Putain.
 
« Le trafic reprend progressivement » entendu le 21 septembre 2006. Et la vie reprend ses droits ? C'est juste ça ??
 
 
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