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La mort est mon métier

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Non, je ferais pas dans le « pivot » de comptoir, aujourd'hui quoi que le livre qui porte ce titre soit plutôt du genre incontournable. Mais si, vous savez bien ce bouquin de Robert Merle (celui qui a écrit les hommes protégés aussi, fiction sur les rapports hommes femmes usant de quelques pirouettes anticipationnelles : et si les femmes prenaient le pouvoir, seraient elles plus malines et avisées, ou le pouvoir rend il les hommes tels qu'ils sont?) qui raconte de façon romancée, la vie de Rudolf Hoss, directeur d'Auschwitz, « homme de devoir », qui remplit de façon si exemplaire sa mission que nos cerveaux horrifiés s'en souviennent encore. (oui un cervô sorifi oci)

 

Non, en vérité ce titre s'il est prétexte à évoquer cet incontournable roman, se voulait plus un clin d'oeil léger, si tenté qu'on puisse l'être, avec la faucheuse, cette vénérable dame qui nous glace d'effroi alors qu'elle n'est que la conclusion naturelle (ou pas, hum) de nos petites existences de fourmis.

 

J'ai eu un coup de coeur pour une série intitulée "Dead Like me". Série qui surfe sur la vague morbide de cet étrange objet de notre répulsion et de nos peurs : la mort traitée frontalement comme dans 6 feet under, True calling ou plus ou moins directement dans des séries comme The Adams Family ou Grey’S Anatomy (ben oui). Apparemment le créateur de cette série en aurait écrite une autre intitulée Pushing Daisies, diffusée sur les écrans depuis 2007 à l’ambiance très Burtonienne façon Big Fish, l'histoire d'un type qui peut ressusciter les morts, tout aussi bien que les tuer définitivement. Décidément....

Débutée en 2003, "Dead Like me" n'a connu que deux saisons et surfe sur ce sujet controversé et glaçant qu'est la mort, dans nos heures aseptisées aux mouroirs qui cachent la dégénérescence physique pourtant inéluctable, de fantasmes d'éternelle jeunesse alors que nous avons plus que jamais des moyens sophistiqués de polluer, mettre un terme à, éradiquer la vie des façons les plus odieuses et inventives. George, 18 ans, jeune relou désabusée qui ne connaît rien de la vie et pas très bien dans sa peau donc,
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se prend un siège de toilette d'une station spatiale sur la tête. Bien sûr elle ne survit pas, elle est pas cheerleader, mais devient reaper, une faucheuse d'âmes alors qu'elle a rien demandé!! le ton est donnée, l'histoire lancée.
Cette jeune demoiselle devient une recuperatrice d'âmes avant le grand saut avec d'autres comparses, décédés comme elle, qui viennent liberer les ames avant que des creatures façon gremlins viennent provoquer des accidents dignes de faire figurer les victimes dans les premiers rangs des Darwin Awards. Les gens et meurent et les reapers les accompagnent pour faire le grand saut. C'est bien le seul don des reapers, qui doivent continuer à subsister dans le monde des vivants en travaillant car leur travail est non-remunéré bénévole (?!!!). C'est l'occasion de suivre George dans sa vie post mortem, ses considerations sur l'existence et sa découverte, écoeurée, du monde du travail chez Happy time (tout un programme) dans une ambiance décalée qui ne serait pas sans évoquer Malcom in the middle. George fait partie d'une equipe de reapers qui se retrouve quotidiennement pour prendre ses ordres de missions. On suit les divers personnages dans leurs peregrinations, leurs interrogations et leurs flash-backs d'avant reaper. De même, on voit comment la famille de George affronte jour après jour le décès de celle-ci.



Morts improbables qui relativisent le poids de l'existence mais surtout soulignent sa fragilité, humour noir et à froid, découpage dynamique qui suit plusieurs personnages sur leurs fronts, interrogations metaphysiques de G. qui apprend à vivre après sa mort sont autant de raisons de déguster cette série sans moderation.
PS: pour ceux que cela interesse, envoyer moi un petit mail, je vous ferai parvenir un lien en streaming avec l'inimitable voix de george
 

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CarrieB 05/02/2008 22:29

Je ne connais pas cette série, mais à coup sûr cela doit être décapant! Je connais assez bien le domaine de la mort, puisque je l'ai comme qui dirait côtoyée pendant quelques années (par l'ex profession de Monsieur, non je ne suis pas malade), et je pense qu'il s'agit d'un secteur où l'humour est le plus présent mais aussi nécessaire!

la lunelo 06/02/2008 16:25

Il etait thanathopracteur? ;) Ouais je connaissais une fille dont les parents travaillaient dans ce secteur. Ils avaient un rapport tres sain à ça. Ils en rigolaient , humour tordu a 2 balles mais cela ne les empechait pas de respecter les personnes dont ils s'occupaient. C un peu comme pour les chirurgiens, si tu commences a trop y penser, la vie, les emotions ,les pensees, là, t'arretes tout de suite. moi je pourrais pas c clair, je ramenerais les morts a la maison grrrr.